C'est quoi la course de Pikes Peak ?
Découvre la mythique course vers les nuages : 156 virages, 4300 mètres d'altitude et une histoire qui a forgé la légende de la moto de performance
Surnommée la « course vers les nuages » (Race to the Clouds), la Pikes Peak International Hill Climb (PPIHC) est bien plus qu’une simple compétition. C’est un monument du sport mécanique qui se déroule chaque année dans les Rocheuses du Colorado, aux États-Unis. Pour un motard, évocation de Pikes Peak rime avec adrénaline, vide et performance pure.
Une ascension vertigineuse
Le concept est simple mais terrifiant : partir d’une altitude de 2 862 mètres pour franchir la ligne d’arrivée à 4 302 mètres. Le tracé serpente sur près de 20 kilomètres avec un dénivelé positif de 1 440 mètres.
Ce qui rend cette course unique, c’est l’absence quasi totale de rails de sécurité. Un virage manqué ne pardonne pas, car les précipices sont réels et vertigineux. Les pilotes doivent composer avec 156 virages, alternant épingles serrées et courbes rapides, le tout en subissant la raréfaction de l’oxygène qui fatigue les organismes et fait perdre de la puissance aux moteurs thermiques.
L’histoire et l’évolution du bitume
Pendant des décennies, Pikes Peak était un défi hybride. La route était partiellement goudronnée et partiellement composée de terre battue. Les pilotes devaient donc posséder des compétences de pilotage de type « dirt track » (glisse sur terre) tout en étant rapides sur l’asphalte.
Depuis 2012, la route est entièrement bitumée. Cela a radicalement changé la nature de la course, la transformant en une épreuve de vitesse pure où les motos supermotards et les roadsters sportifs comme la Ducati Multistrada V4 2024 ou la KTM 1290 Super Duke R règnent en maîtres. Ducati y a d’ailleurs bâti une grande partie de sa réputation moderne avec ses modèles estampillés « Pikes Peak ».
Pourquoi n’y a-t-il plus de motos officiellement ?
C’est le point sensible pour nous, motards. Après l’accident tragique de Carlin Dunne en 2019, juste avant la ligne d’arrivée alors qu’il allait battre un record, l’organisation a décidé de suspendre indéfiniment la catégorie moto.
La raison invoquée est la dangerosité extrême du tracé pour les deux-roues, notamment à cause des bosses et des changements de revêtement qui, à très haute vitesse, peuvent déséquilibrer une moto là où une voiture resterait stable. Aujourd’hui, la course continue pour les autos, mais l’esprit des motards plane toujours sur la montagne.
En résumé
Pikes Peak reste l’une des courses les plus exigeantes au monde. Elle demande un cœur solide, une précision chirurgicale et une préparation technique hors norme pour gérer l’altitude. Même si les motos ne prennent plus le départ officiellement aujourd’hui, les records établis sur cette montagne font partie intégrante de la culture moto mondiale.
