MV Agusta
Image d'illustration IA

MV Agusta

ItalieFondé en 1945

ADN de la marque

"Motorcycle Art" : c'est le slogan officiel, et pour une fois, ce n'est pas du marketing creux. MV Agusta, c'est la marque la plus titrée de l'histoire des Grands Prix moto — 270 victoires, 75 titres mondiaux — reconvertie en constructeur de sportives et naked d'exception. Chaque moto est assemblée à Varese, au bord du lac, dans une usine qui produit à peine 4 000 unités par an. Le trois-cylindres en ligne à vilebrequin contra-rotatif est la signature sonore et technique de la marque. Le design est obsessionnel, les finitions soignées, le prix d'entrée élevé. MV Agusta ne cherche pas à vendre au plus grand nombre : elle cherche à faire vibrer ceux qui comprennent que la moto peut être un art.

Caractéristiques clés

Trois-cylindres en ligneVilebrequin contra-rotatifDesign italien270 victoires GPArtisanatSéries limitéesHeritage courseFabriqué à Varese

Les plus et les moins

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Les plus

  • Héritage course inégalé : 270 victoires en GP, 75 titres mondiaux, la marque la plus titrée de l’histoire
  • Design exceptionnel, considéré parmi les plus beaux du marché moto
  • Trois-cylindres en ligne à vilebrequin contra-rotatif : sonorité et caractère uniques
  • Production artisanale à Varese, Italie : chaque moto est assemblée avec soin
  • Séries limitées et éditions spéciales qui maintiennent l’exclusivité et la valeur de collection
  • Électronique embarquée avancée (traction control, launch control, quickshifter)

Les moins

  • Prix d’achat très élevé, parmi les plus chers du segment
  • Coûts d’entretien et de maintenance supérieurs à la moyenne, intervalles de service courts
  • Fiabilité historiquement inférieure aux standards japonais, même si des progrès récents sont notables
  • Réseau de concessionnaires très limité (environ 220 dans le monde)
  • Instabilité chronique de la structure capitalistique (multiples changements de propriétaires depuis les années 2000)

Histoire

Comment est née MV Agusta ?

L’histoire de MV Agusta commence dans les cieux avant de toucher le bitume. En 1907, le comte Giovanni Agusta, aristocrate sicilien passionné d’aviation, fonde une entreprise aéronautique dans le nord de l’Italie, près de l’actuel aéroport de Malpensa. L’entreprise prospère grâce aux commandes militaires pendant les deux guerres mondiales. Mais en 1945, l’Italie d’après-guerre interdit la production d’avions. Le comte Domenico Agusta, fils de Giovanni, doit réinventer l’entreprise familiale.

Le 19 janvier 1945, Domenico fonde Meccanica Verghera S.r.l. à Cascina Costa, près de Varese. MV, c’est l’abréviation de Meccanica Verghera, du nom du hameau où l’usine est implantée. Le premier prototype, la MV 98 — un petit deux-temps de 98 cm3 pas beaucoup plus sophistiqué qu’un vélo à moteur — est présenté à la presse en octobre 1945 à Milan. C’est modeste, mais la graine d’une légende est plantée.

Comment MV Agusta est-elle devenue la reine des Grands Prix ?

Domenico Agusta ne se contente pas de vendre des petites motos utilitaires. Passionné de compétition, il investit massivement dans la course dès 1947, quand Franco Bertoni remporte la première victoire de la marque à Carate Brianza. En 1950, le comte débauche l’ingénieur Piero Remor (venu de Gilera) et le chef mécanicien Arturo Magni : ensemble, ils créent le premier quatre-cylindres MV Agusta 500.

En 1952, MV Agusta décroche son premier titre mondial en 125 cm3. C’est le début d’une domination qui va durer plus de deux décennies. Après le retrait conjoint de Gilera, Moto Guzzi et Mondial en 1957, MV Agusta reste seule sur la piste — et en profite pour empiler les titres. La marque remportera 17 titres consécutifs en 500 cm3, un record qui n’a jamais été égalé.

Le palmarès final donne le vertige : 270 victoires en Grand Prix, 38 titres mondiaux pilotes, 37 titres constructeurs. Les motos rouge et argent sont devenues les icônes absolues de la course sur circuit. Des pilotes légendaires comme Carlo Ubbiali, John Surtees, Mike Hailwood, Phil Read et surtout Giacomo Agostini ont écrit l’histoire au guidon des MV. Agostini à lui seul a décroché 13 de ses 15 titres mondiaux sur MV Agusta, dont sept titres consécutifs en 500 cm3 (1966-1972). En 1955, le comte acquiert la licence de production des hélicoptères Bell, injectant les technologies aéronautiques les plus avancées dans le département moto : les motos de course MV sont alors usinées avec les mêmes techniques que les hélicoptères.

Pourquoi MV Agusta a-t-elle disparu ?

La mort du comte Domenico Agusta en 1971 prive l’entreprise de sa force motrice. Son neveu, le comte Corrado “Rocky” Agusta, reprend les rênes mais n’a pas la même aura. Le départ de Giacomo Agostini chez Yamaha en 1974 symbolise la fin d’une époque : les deux-temps japonais rendent les quatre-temps MV obsolètes en course. La dernière victoire en Grand Prix a lieu en août 1976, au Nürburgring.

Poussée par des difficultés financières, MV Agusta cesse la production de motos en 1980. Les dernières machines quittent les entrepôts de Cascina Costa. Un chapitre se ferme : la marque la plus titrée de l’histoire du motocyclisme s’éteint.

Comment la F4 a-t-elle ressuscité MV Agusta ?

La renaissance porte un nom : Castiglioni. En 1992, Claudio Castiglioni, patron du groupe Cagiva (qui possédait aussi Ducati), rachète la marque MV Agusta. Il confie à Massimo Tamburini — le génial designer de la Ducati 916 — la mission de créer la moto qui ramènera MV Agusta à la vie.

Le résultat est dévoilé au salon de Milan en septembre 1997 : la MV Agusta F4 750 Serie Oro. Le monde de la moto est stupéfait. Quatre-cylindres en ligne à soupapes radiales (avec un ADN issu de la Formule 1 Ferrari), cadre treillis, bras oscillant monobranche, quatre échappements sous la selle, livrée rouge et argent : la F4 est immédiatement considérée comme l’une des plus belles motos jamais conçues. Elle sera exposée au musée Guggenheim dans l’exposition “The Art of the Motorcycle”. La production en série démarre en 1999 et la marque renaît véritablement.

MV Agusta aujourd’hui

Depuis sa renaissance, MV Agusta a traversé de nombreuses turbulences financières et changements de propriétaires : Harley-Davidson (2008-2010), retour chez les Castiglioni, partenariat avec Mercedes-AMG, puis rachat par Timur Sardarov (via ComSar Invest) en 2017, avec prise de contrôle totale en 2019. En 2022, KTM acquiert 25,1 % du capital, puis 50,1 % en 2024. Mais les difficultés financières de KTM fin 2024 conduisent au retournement : en janvier 2025, la famille Sardarov (via Art of Mobility S.A.) reprend le contrôle total de MV Agusta. La transaction est finalisée en juillet 2025.

Aujourd’hui, MV Agusta produit environ 4 000 motos par an (en hausse de 116 % en 2024 par rapport à 2023), exclusivement dans son usine de Schiranna, à Varese, au bord du lac. La gamme s’articule autour du trois-cylindres en ligne 800 cm3 (F3, Brutale, Dragster, Superveloce) et du quatre-cylindres 1000 cm3 (Brutale 1000, Rush, Superveloce 1000). En 2025, MV Agusta célèbre ses 80 ans avec la collection Ottantesimo (six modèles en édition limitée à 500 exemplaires chacun) et dévoile un concept de moteur cinq-cylindres au salon EICMA. La marque explore aussi le segment adventure avec l’Enduro Veloce.

Le slogan “Motorcycle Art” n’est pas usurpé : chaque MV Agusta reste une oeuvre d’ingénierie italienne, assemblée à la main, au son d’un trois-cylindres qui ne ressemble à aucun autre.

En résumé

MV Agusta, c’est la Ferrari de la moto. Née de l’aviation, forgée par la course (270 victoires en GP, 75 titres mondiaux), morte en 1980, ressuscitée par la F4 en 1997, ballottée entre propriétaires mais toujours debout à Varese. C’est une marque qui produit peu, coûte cher et exige de l’entretien, mais qui offre en retour un caractère, un son et un design que personne d’autre ne propose. Si tu cherches une moto qui se conduit comme une oeuvre d’art, tu es à la bonne adresse.

Modèles emblématiques

MV Agusta F4 (1999-2018)

La moto qui a ressuscité MV Agusta. Dessinée par Massimo Tamburini (le créateur de la Ducati 916) et dévoilée en 1997, la F4 est considérée comme l’une des plus belles sportives jamais produites. Son quatre-cylindres en ligne à soupapes radiales, inspiré de la technologie Ferrari de Formule 1, développait 126 ch dans la version 750 Serie Oro originale, puis jusqu’à 212 ch dans la version 1078 cm3 finale. Bras oscillant monobranche, cadre treillis, quatre échappements sous la selle et livrée rouge et argent : tout dans cette moto respire l’exclusivité. La F4 a été exposée au musée Guggenheim de New York et restera à jamais le symbole de la renaissance de MV Agusta.

MV Agusta Brutale (depuis 2001)

La version naked de la F4, dépouillée de son carénage pour révéler la mécanique. La Brutale a démocratisé (relativement) l’accès à MV Agusta en proposant le caractère du moteur dans un format plus polyvalent. Déclinée en versions 675, 800 et 1000 cm3 au fil des ans, elle reste le coeur de gamme de la marque. La Brutale 1000 RR, avec ses 208 ch, figure parmi les naked les plus puissantes du marché.

MV Agusta Superveloce (depuis 2020)

Le néo-rétro sportif de MV Agusta. Avec son demi-carénage évoquant les motos de course des années 1970, la Superveloce marie l’héritage esthétique de la marque à la plateforme technique moderne du trois-cylindres 800 cm3. Elle existe aussi en version 1000 cm3 et en édition spéciale Ago, limitée à 311 puis 83 exemplaires en hommage à Giacomo Agostini. C’est la MV Agusta la plus émotionnelle du catalogue actuel.

MV Agusta F3 (depuis 2012)

La sportive de moyenne cylindrée qui a introduit le trois-cylindres 675 puis 800 cm3 dans la gamme. Plus compacte et légère que la F4, la F3 a prouvé que MV Agusta pouvait produire une supersport à la fois performante et utilisable au quotidien. Son moteur trois-cylindres à vilebrequin contra-rotatif (qui tourne dans le sens inverse des roues, améliorant l’agilité) est devenu la signature technique de toute la gamme MV moderne.

MV Agusta Dragster (depuis 2014)

Le streetfighter radical de la gamme. Guidon bas, porte-à-faux réduit au minimum, roue arrière massive : le Dragster est la MV Agusta la plus agressive visuellement. Basé sur la même plateforme que la Brutale 800, il pousse le concept du naked musclé à l’extrême. Le Dragster RR avec sa fourche Ohlins et ses freins Brembo offre un niveau d’équipement digne de la course.