QJ Motor

Pays d'origine: ChineFondé en 1985

ADN de la marque

QJ Motor, c'est la puissance industrielle chinoise au service d'une ambition mondiale. Adossée au groupe Geely (Volvo, Lotus), propriétaire de Benelli et partenaire de MV Agusta, la marque dispose d'un arsenal technologique et financier que peu de constructeurs peuvent revendiquer. Son credo : proposer des motos généreusement équipées (Brembo, Marzocchi, écrans TFT, quickshifter) à des prix qui bousculent la concurrence japonaise et européenne. Si tu cherches le meilleur rapport équipement/prix du marché avec des motos au look soigné, QJ Motor mérite clairement ton attention. La question n'est plus "est-ce que les Chinois savent faire des motos ?", mais plutôt "à quelle vitesse vont-ils rattraper les autres ?".

Caractéristiques clés

Groupe GeelyPropriétaire de BenelliRapport qualité-prixQuatre-cylindres chinoisWorldSSPPartenariat MV AgustaGamme ultra-largeExpansion mondiale

Les plus et les moins

+

Les plus

  • Rapport équipement/prix imbattable : Brembo, Marzocchi, TFT, quickshifter de série sur la plupart des modèles
  • Gamme extrêmement large couvrant tous les segments (roadster, trail, sportive, custom, scooter)
  • Adossement au groupe Geely offrant des moyens financiers et industriels considérables
  • Synergies technologiques avec Benelli et MV Agusta pour le design et les motorisations
  • Engagement en compétition mondiale (Moto2, WorldSSP) qui crédibilise la marque
  • Capacité industrielle massive : plus d’un million de motos produites par an
  • Présence internationale dans plus de 130 pays

Les moins

  • Image de marque encore fragile en Europe : la confiance envers les constructeurs chinois reste à construire
  • Réseau de concessionnaires très limité en France et en Europe, SAV et disponibilité des pièces encore incertains
  • Fiabilité à long terme non encore prouvée sur le marché européen, peu de recul
  • Valeur de revente inconnue sur le marché de l’occasion occidental
  • Changements fréquents de distributeurs en Europe (DIP puis SIMA en France), ce qui fragilise la continuité commerciale

Histoire

Comment une petite usine chinoise est-elle devenue un géant mondial de la moto ?

QJ Motor, c’est l’histoire d’une ascension fulgurante. Fondée en 1985 sous le nom de Wenling Motorcycle Factory dans la province du Zhejiang, en Chine, cette entreprise modeste s’est transformée en quatre décennies en l’un des plus grands constructeurs de deux-roues au monde. Aujourd’hui propriétaire de Benelli, partenaire de MV Agusta et engagée en championnat du monde, QJ Motor incarne l’ambition de l’industrie moto chinoise sur la scène internationale.

Les origines : de Wenling au Zhejiang

À ses débuts, l’usine de Wenling se concentre sur la production de petits moteurs et de motos de faible cylindrée, principalement des scooters et des utilitaires de 50 à 125 cm3 destinés au marché intérieur chinois. C’est l’époque où la Chine s’ouvre progressivement à l’économie de marché, et la demande en transport individuel explose. Qianjiang Motorcycle, comme s’appelle alors l’entreprise, surfe sur cette vague en produisant des deux-roues accessibles et fiables pour les déplacements quotidiens.

Le tournant stratégique arrive en 1999 : Qianjiang Motorcycle entre en bourse à la Bourse de Shenzhen (code 000913). Cette introduction permet de lever des capitaux considérables pour investir dans la recherche et développement, moderniser les outils de production et surtout préparer l’expansion internationale.

L’acquisition de Benelli : le pari italien

En 2005, Qianjiang réalise un coup de maître en rachetant Benelli, la mythique marque italienne fondée à Pesaro en 1911, pour environ 60 millions d’euros. C’est la première acquisition internationale d’un constructeur moto chinois, un événement qui fait date dans l’histoire de l’industrie. Benelli, alors en difficulté financière, retrouve un souffle grâce aux investissements massifs de son nouveau propriétaire.

Qianjiang investit 26 millions de dollars supplémentaires en 2009 pour relancer la marque italienne. Le centre de design et le bureau d’études restent à Pesaro, en Italie, tandis que la production est progressivement transférée à Wenling. Cette stratégie de “design en Europe, production en Chine” devient le modèle du groupe et lui permet de proposer des motos au style européen à des prix compétitifs. Le succès de la Benelli TRK 502, devenue l’une des motos les plus vendues en Europe dans sa catégorie, en est la meilleure illustration.

Geely entre en jeu : les moyens d’un géant

En septembre 2016, le géant automobile chinois Geely (propriétaire de Volvo, Lotus et Polestar) acquiert 29,8 % du capital de Qianjiang Motorcycle pour 1,1 milliard de yuans, devenant ainsi l’actionnaire majoritaire. Cet adossement à un groupe coté au Fortune Global 500 change la donne : Qianjiang accède à des ressources technologiques, industrielles et financières considérables.

Sous l’impulsion de Geely, l’entreprise accélère sa montée en gamme et son internationalisation. La capacité de production atteint 1,2 million de motos et 2 millions de moteurs par an, répartis sur trois usines certifiées IATF 16949 à Wenling, complétées par une dizaine d’usines d’assemblage CKD (Complete Knock Down, c’est-à-dire assemblage local à partir de pièces expédiées en kit) à travers le monde.

La naissance de la marque QJ Motor

En 2020, la direction décide de créer une nouvelle marque premium destinée au marché mondial : QJ Motor. L’idée est simple mais ambitieuse. Qianjiang est un nom difficile à prononcer et à retenir pour un acheteur occidental. QJ Motor se veut plus moderne, plus internationale, et clairement positionnée au-dessus de la marque domestique Qjiang.

Cette même année, un partenariat stratégique est signé avec Harley-Davidson pour co-développer des motos de petite cylindrée destinées aux marchés asiatiques. Ce partenariat aboutit en 2023 au lancement de la Harley-Davidson X350 et X500, fabriquées dans l’usine Qianjiang de Wenling.

QJ Motor en compétition : du Moto3 au WorldSSP

L’entrée en compétition internationale est une autre étape majeure de la stratégie QJ Motor. En 2022, la marque fait ses débuts en Moto3 avec l’équipe Esponsorama. En 2023, elle monte d’un cran en sponsorisant l’équipe Gresini en Moto2 sous la bannière “QJMotor Gresini Moto2”.

Mais c’est en 2024 que l’engagement prend une dimension inédite : QJ Motor devient le premier constructeur chinois à engager une moto de série en championnat du monde Supersport (WorldSSP) avec la SRK 800 RR et le pilote italien Raffaele De Rosa. En 2025, l’équipe est renforcée par le Finlandais Niki Tuuli, et QJ Motor remporte le WorldSSP Challenge en Italie, une victoire symbolique pour la marque et pour l’industrie moto chinoise dans son ensemble.

QJ Motor aujourd’hui : une offensive mondiale

Le catalogue QJ Motor est aujourd’hui impressionnant : près de 140 références couvrant les scooters, les roadsters (gamme SRK), les trails (gamme SRT), les customs (gamme SRV), et bientôt les superbikes. Les cylindrées vont de 125 à plus de 1 000 cm3, avec des architectures moteur variées : monocylindre, bicylindre en ligne, bicylindre en V, quatre-cylindres en ligne, et même un V4 sur le cruiser SRV 600 V.

En Europe, QJ Motor est distribué dans plusieurs pays. En France, en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse, c’est la SIMA (basée à Beaune) qui assure la distribution exclusive depuis 2024. Au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans plus de 130 pays, la marque tisse progressivement son réseau.

Les partenariats techniques sont un atout clé : suspensions Marzocchi (dont QJ Motor détient une co-entreprise pour la production en Chine), freinage Brembo, pneus Pirelli ou Metzeler. Le tout à des tarifs très agressifs : en France, la SRK 421 RR (quatre-cylindres sportive) est affichée à 5 999 euros, la SRT 800 SX à moins de 9 000 euros.

En 2024, QJ Motor a également acquis la marque historique Morbidelli (via sa filiale Keeway), rebaptisée Morbidelli MBP, avec un centre de design prévu à Bologne. Et le partenariat signé en 2023 avec MV Agusta donne naissance à la spectaculaire SRK 921 RR, dont le moteur quatre-cylindres est dérivé de la plateforme MV Agusta F4.

En résumé

QJ Motor n’est plus un outsider. Avec le soutien financier de Geely, l’héritage design de Benelli, la technologie de MV Agusta et une stratégie d’expansion méthodique, le constructeur chinois s’est donné les moyens de bousculer le marché mondial. Le défi reste celui de la confiance : construire une image de marque solide, développer un réseau de concessionnaires fiable et prouver sa qualité sur le long terme. Mais au vu du chemin parcouru depuis la petite usine de Wenling en 1985, il serait imprudent de sous-estimer QJ Motor.

Modèles emblématiques

SRK 600 (2020)

La SRK 600 est la moto qui a mis QJ Motor sur la carte en Chine. Lancée en 2020, c’est la première quatre-cylindres chinoise de l’histoire, propulsée par un moteur 600 cm3 dérivé de la plateforme Benelli. Avec ses 80 chevaux, son cadre treillis et son look de roadster moderne, elle a prouvé que l’industrie moto chinoise pouvait produire des machines de moyenne cylindrée crédibles. Leader des ventes en Chine dans le segment 250 cm3 et plus pendant onze années consécutives, la famille SRK est devenue l’épine dorsale du catalogue QJ Motor.

SRK 800 RR (2023)

La SRK 800 RR marque l’entrée de QJ Motor dans le monde de la sportive pure. Équipée d’un quatre-cylindres de 778 cm3 développant 123 chevaux, de suspensions Marzocchi réglables et de freins Brembo, elle est aussi la moto qui a permis à QJ Motor de devenir le premier constructeur chinois engagé en championnat du monde Supersport. Son rapport puissance/prix défie toute concurrence sur le segment des sportives 800.

SRK 921 RR (2024)

Le vaisseau amiral de QJ Motor. Son moteur quatre-cylindres de 921 cm3, dérivé de la plateforme MV Agusta F4, développe 127 chevaux. Cadre treillis acier, monobras oscillant, échappements biseautés inspirés de MV Agusta, électronique complète avec modes de conduite, contrôle de traction, quickshifter et launch control : la SRK 921 RR veut jouer dans la cour des grandes sportives européennes. Présentée à l’EICMA 2023 et commercialisée en Chine début 2024, elle arrive progressivement sur les marchés européens.

SRT 800 SX (2024)

Sur le segment ultra-concurrentiel du trail mid-size, la SRT 800 SX vient défier les Yamaha Ténéré 700, Honda Transalp 750 et KTM 790 Adventure. Son bicylindre de 799 cm3 développe 91 chevaux, elle embarque des suspensions Marzocchi, un freinage Brembo, un quickshifter, un régulateur de vitesse et un écran TFT connecté. Le tout pour moins de 9 000 euros en France en version Touring avec bagagerie complète. C’est probablement le modèle qui illustre le mieux la philosophie QJ Motor : en donner plus pour moins cher.

SRV 600 V (2024)

Originalité rare sur le marché : la SRV 600 V est un cruiser propulsé par un moteur V4 de 561 cm3. Accessible avec le permis A2, elle propose une architecture moteur habituellement réservée aux motos haut de gamme dans un format compact et abordable. Avec son design soigné, ses échappements cuivrés et son écran TFT rond, elle apporte une touche d’audace dans un segment dominé par les bicylindres.