Aprilia Shiver 900
Aprilia Shiver 900 2020 : roadster V-twin 95 ch, compatible A2, dès 8 449 EUR. Fiche technique, essais presse, points forts/faibles et guide d'achat.
L'essentiel
L'Aprilia Shiver 900 est un roadster italien au caractère bien trempé, porté par un V-twin à 90° coupleux et un châssis de haut vol. Compatible permis A2 avec ses 95 ch, elle séduit par son rapport qualité/prix imbattable et son style non-conformiste avec ses échappements sous la selle. Un choix malin pour qui cherche une alternative aux roadsters japonais, avec du tempérament en prime.
L'avis de la presse mondiale
Méta-score
6 sources
Notes de la presse
Moto plaisante, avec un V-twin agréable et une bonne base châssis, mais un manque de punch et des suspensions à régler pour en tirer le meilleur.
V-twin agréable au caractère loping plaisant, mais poids élevé et puissance modeste par rapport à la concurrence directe.
Compétence polyvalente en ville comme sur route sinueuse, moteur coupleux et agréable, mais le manque de puissance brute se fait sentir face aux rivales.
Roadster accessible et attachant au prix attractif, le V-twin a du caractère mais la concurrence offre plus de puissance pour un tarif similaire.
Moteur coupleux et plaisant, rapport qualité/prix excellent, mais partie-cycle qui demande des réglages de suspension pour être au mieux.
Excellent roadster pour les routes sinueuses avec un V-twin caractériel et un châssis agile, rapport qualité/prix remarquable.
Synthèse presse
Que dit la presse de la Shiver 900 ?
La presse moto internationale s’accorde sur plusieurs points concernant l’Aprilia Shiver 900. Le V-twin est unanimement salué pour son caractère agréable, sa souplesse et la qualité de sa réponse à l’accélérateur grâce au ride-by-wire affiné. Le couple généreux de 90 Nm bas dans les tours est régulièrement cité comme l’un des points forts majeurs de cette moto.
Le rapport qualité/prix fait aussi consensus : pour le tarif demandé, le niveau d’équipement (écran TFT, traction control, ABS, fourche inversée réglable) est remarquable. La presse anglo-saxonne souligne particulièrement ce point, Cycle World qualifiant le prix de moins de 10 000 dollars de véritable atout commercial.
En revanche, le manque de puissance face à la concurrence directe revient dans pratiquement tous les essais. Bennetts BikeSocial note que le moteur, malgré ses qualités, manque du “feu” attendu d’une Aprilia. Rider Magazine mesure seulement 80,7 ch à la roue arrière, un déficit notable par rapport aux rivales japonaises qui affichent souvent plus de 100 ch au banc. Le poids, supérieur à celui de la plupart des concurrentes, est aussi pointé du doigt.
Les suspensions divisent davantage. La presse française (High Side) insiste sur la nécessité de les régler correctement pour en tirer le meilleur, soulignant que le châssis très rigide (héritage du cadre treillis à l’italienne) demande des suspensions bien calibrées pour fonctionner harmonieusement. Les britanniques (Bennetts) trouvent le réglage d’usine trop ferme et la moto trop “plate”. Une fois ajustée, le châssis est en revanche unanimement salué pour sa précision et sa rigueur dans les enchaînements de virages.
Côté praticité quotidienne, la presse s’accorde sur le fait que le mode Touring rend la Shiver agréable en ville, avec une réponse douce et un couple exploitable dès les bas régimes. Le TFT de 4,3 pouces, identique à celui de la RSV4, est jugé lisible et complet, un vrai plus à ce niveau de prix.
Le design non-conformiste avec les échappements sous la selle fait aussi débat : certains adorent cette signature visuelle typiquement Aprilia, d’autres trouvent la silhouette un peu datée face aux lignes acérées des concurrentes récentes. La presse allemande (1000PS) en fait un atout de caractère, tandis que les magazines britanniques sont plus réservés sur l’esthétique globale.
Citations clés
"Le moteur est vraiment agréable à utiliser, avec 93 ch et un couple généreux qui sait se montrer vivace sans jamais être excessif."
"Le nouveau V-twin 900 monte en régime plus souplement qu'avant et la réponse saccadée de l'accélérateur a disparu."
"La Shiver 900 offre une palette de compétences plus large que la Dorsoduro : aussi à l'aise en ville que dans les virages."
"La connexion entre le moteur et la poignée de gaz est excellente. On sent précisément chaque cheval passer au sol."
"Le V2 de 95 ch transforme l'essence en bonheur auditif et le châssis de qualité fait glisser la moto de virage en virage comme sur des rails."
Points forts
- V-twin coupleux et caractériel, sonorité typée italienne sous la selle
- Compatible permis A2 sans bridage (95 ch)
- Rapport qualité/prix excellent : TFT, TC, ABS, fourche inversée réglable pour moins de 8 500 EUR
- Ride-by-wire précis et bien calibré, trois modes de conduite
- Châssis rigide et précis une fois les suspensions réglées
- Style distinctif et exclusif, tu ne croiseras pas la même à chaque feu rouge
- Selle basse (810 mm) rassurante pour les gabarits moyens
Points faibles
- Puissance en retrait face aux concurrentes directes (MT-09, Z900, Street Triple)
- Poids élevé (218 kg TPF) qui se ressent dans les manoeuvres lentes
- Suspensions à régler impérativement pour obtenir le meilleur comportement
- Réseau de concessionnaires Aprilia moins dense que les japonais
- Aucune protection contre le vent, autonomie limitée (~250 km)
- Pas de quickshifter ni de cruise control, même en option
Notre avis
D’où vient l’Aprilia Shiver 900 ?
La Shiver est née en 2007 sous la forme d’une 750, avec un argument massue : c’était la première moto de série équipée d’un accélérateur ride-by-wire (commande électronique des gaz). Une technologie qu’Aprilia avait inaugurée en MotoGP avec la Cube en 2002, avant même Honda ou Yamaha. Malgré ses qualités, la Shiver 750 n’a jamais vraiment percé face aux MT, Z et autres Monster. En 2017, Aprilia relance les dés : la cylindrée passe à 896 cm3 grâce à un allongement de la course de 11 mm, l’électronique progresse, et l’instrumentation adopte un bel écran TFT couleur.
Comment se comporte le moteur ?
Le V-twin à 90° de la Shiver 900 ne joue pas la carte de la puissance brute. Avec 95 ch, elle est en retrait face à une MT-09 (115 ch) ou une Z900 (125 ch). Mais ce n’est pas là que réside son intérêt. Le point fort de ce moteur, c’est son couple : 90 Nm disponibles dès 6 500 tr/min, ce qui donne une sensation de poussée franche et linéaire dès les mi-régimes. Le ride-by-wire a été considérablement affiné par rapport à la 750, et la réponse à l’accélérateur est désormais précise et naturelle, quel que soit le mode choisi (Sport, Touring ou Rain).
Le caractère sonore est un vrai plus : le V-twin gronde sous la selle avec un timbre grave et typé qui rappelle que tu es sur une italienne. Les vibrations sont présentes mais jamais désagréables, elles donnent de la vie à la machine. Le slipper clutch (embrayage anti-dribble) n’est pas au programme, mais l’effort au levier d’embrayage a été réduit de 15 % par rapport à la 750, ce qui est appréciable en ville.
Quel est le comportement sur la route ?
Le châssis de la Shiver est un assemblage malin : un treillis tubulaire acier boulonné sur des platines aluminium latérales, avec un bras oscillant alu. Ce n’est pas la solution la plus légère (218 kg tous pleins faits), mais c’est rigide et précis. La fourche inversée Kayaba de 41 mm et le mono Sachs offrent des réglages de précharge et de détente, ce qui est appréciable à ce tarif.
Attention cependant : plusieurs essayeurs et propriétaires notent que les suspensions, en réglage d’usine, laissent la moto un peu “plate” et pas assez dynamique. Un simple tour de molette sur la précharge arrière pour reporter du poids sur l’avant suffit souvent à transformer le comportement. Une fois réglée, la Shiver révèle un châssis précis et communicatif dans les enchaînements de virages.
Le freinage est solide : doubles disques de 320 mm avec étriers radiaux 4 pistons à l’avant, ABS Continental 2 canaux. Efficace et progressif pour un usage routier.
Et en ville ?
La selle à 810 mm rassure les gabarits moyens. La moto est relativement étroite au niveau du réservoir, ce qui facilite la pose des pieds au sol. Le couple disponible bas et le mode Touring rendent la conduite urbaine agréable, même si le poids de 218 kg se fait sentir dans les manoeuvres à basse vitesse.
À qui s’adresse-t-elle ?
La Shiver 900 est un excellent choix pour un titulaire du permis A2 qui veut une moto avec du caractère et une vraie personnalité. Ses 95 ch la rendent éligible au permis A2 (bridable à 35 kW), et elle reste largement suffisante une fois le permis A obtenu. Elle conviendra aussi aux motards qui en ont assez des 4-cylindres japonais et qui veulent quelque chose de différent, avec un vrai tempérament V-twin.
Son rapport qualité/prix est son arme secrète : pour moins de 8 500 euros neuve en France, tu obtiens un écran TFT, le ride-by-wire, le traction control, l’ABS et des périphériques de qualité. C’est difficile à battre.
Quels sont ses défauts ?
Il faut être honnête : la Shiver 900 n’est pas parfaite. Le manque de puissance se fait sentir face à ses rivales, surtout sur autoroute ou pour les dépassements nerveux. Là où une MT-09 ou une Z900 arrachent l’asphalte dans les rapports intermédiaires, la Shiver demande un peu plus d’anticipation. Les suspensions demandent un réglage attentif pour donner le meilleur : c’est un point que la quasi-totalité des essayeurs presse et des propriétaires soulignent. Le réseau de concessionnaires Aprilia est moins dense que celui de Yamaha ou Kawasaki, ce qui peut compliquer l’entretien dans certaines régions.
Autre point : la consommation réelle (autour de 5,5-6 L/100 km en usage mixte) est un peu gourmande pour la cylindrée, et combinée au réservoir de 15 litres seulement, l’autonomie reste un peu juste pour les grands rouleurs. En voyage, il faudra prévoir des arrêts essence plus fréquents qu’avec une concurrente japonaise.
En résumé
L’Aprilia Shiver 900 est une moto attachante, de celles qu’on apprécie de plus en plus au fil des kilomètres. Elle ne gagnera jamais un comparatif sur la puissance brute, mais elle séduit par son caractère, son rapport qualité/prix et cette touche italienne indéfinissable. Si tu cherches un roadster A2 qui sort du lot sans casser ta tirelire, mets-la absolument sur ta liste d’essai.
Caractéristiques techniques
| Cylindrée | 896 cm³ |
|---|---|
| Puissance | 95 ch (70 kW) @ 8 750 tr/min |
| Couple | 90 Nm (66,4 lb-ft) @ 6 500 tr/min |
| Poids | 218 kg (tous pleins faits) / 207 kg à vide |
| Rapport poids/puissance | 2.29 |
| Hauteur de selle | 810 mm |
| Réservoir | 15 L |
| Consommation | 5,3 L/100 km (cycle WMTC) |
| Intervalle d'entretien | Vidange à 10 000 km / 1 an — Soupapes : 20 000 km |
| Type de moteur | Bicylindre en V à 90° 4T |
| Refroidissement | liquide |
| Transmission | 6 rapports, chaîne |
| Permis | ABridable A2 |
| Prix neuf | 8 449 € |
Détail moteur
| Alésage x course | 92 x 67,4 mm |
|---|---|
| Rapport de compression | 11,5:1 |
| Alimentation | Injection électronique Ride-by-Wire, Marelli 7SM, corps papillons 52 mm x 2 |
| Distribution | DACT, 4 soupapes par cylindre, distribution mixte engrenages/chaîne |
| Régime puissance max | 8750 units.rpm |
| Régime couple max | 6500 units.rpm |
| Démarreur | Électrique |
| Norme Euro | Euro 4 |
Châssis & partie cycle
| Type de cadre | Treillis tubulaire acier modulaire boulonné sur platines aluminium latérales, sous-cadre démontable |
|---|---|
| Angle de chasse | 26 ° |
| Chasse | 114 mm |
| Empattement | 1465 mm |
| Fourche avant | Kayaba inversée Ø 41 mm, réglable en précharge et détente hydraulique, débattement 120 mm |
| Amortisseur arrière | Sachs monoamortisseur, réglable en précharge et détente hydraulique, débattement 130 mm |
| Frein avant | Double disque flottant Ø 320 mm, étriers radiaux 4 pistons, ABS Continental |
| Frein arrière | Disque wave inox Ø 240 mm, étrier 1 piston, ABS Continental |
| Pneu avant | 120/70 ZR17 |
| Pneu arrière | 180/55 ZR17 |
| Système ABS | ABS 2 canaux Continental, désactivable |
Performances
| Vitesse max | 210 km/h |
|---|
Électronique & aides
| Modes de conduite | Sport, Touring, Rain |
|---|---|
| Contrôle de traction | Oui |
| Anti-wheeling | Non |
| Quickshifter | Non |
| Régulateur de vitesse | Non |
| Tableau de bord | TFT couleur 4,3 pouces avec capteur de luminosité automatique (identique RSV4/Tuono V4) |
| Connectivité | Bluetooth via kit Aprilia MIA (Aprilia Multimedia Platform) en option/série selon version, app V4-MP pour navigation |
| Autres équipements | Ride-by-Wire, Traction Control 3 niveaux + OFF, Décompresseur automatique au démarrage |
Ergonomie & morphologie
| Position de conduite | Standard/légèrement sportive, guidon droit, légère inclinaison vers l'avant, pieds sous les hanches |
|---|---|
| Gabarit adapté | de 165 à 190 cm |
| Confort passager | Correct |
| Protection vent | Minimale (roadster nu), saute-vent disponible en accessoire |
Comment est-on installé sur la Shiver 900 ?
La position de conduite de la Shiver 900 se situe à mi-chemin entre un roadster classique et un supermotard. Le guidon droit et légèrement reculé impose une posture naturelle avec une très légère inclinaison vers l’avant. Les pieds se posent juste sous les hanches, sans cale-pieds trop reculés.
Avec une selle à 810 mm, la Shiver est accessible pour la plupart des gabarits à partir de 1,65 m. Le réservoir est étroit entre les genoux, ce qui facilite la pose des pieds au sol et le serrage en courbe. La selle est correctement rembourrée pour des trajets de 1 à 2 heures, mais au-delà, certains propriétaires recommandent une selle confort aftermarket.
Le passager est logé sur une portion de selle un peu courte et légèrement surélevée, avec des poignées de maintien. Le confort duo est correct pour de courtes distances, mais limité pour les longs trajets. L’absence totale de protection contre le vent se fait sentir dès 100 km/h : c’est le jeu du roadster nu, mais un saute-vent Aprilia est disponible en accessoire.
Vie à bord & entretien
5,5-6,2 L/100 km (retours terrain, usage mixte)
L/100km
Consommation réelle
~240-270 km (estimée, réservoir 15 L / conso ~5,8 L/100 km)
km
Autonomie estimée
| Vidange | tous les 10,000 km ou tous les 12 mois |
|---|---|
| Jeu aux soupapes | tous les 20,000 km |
| Liquide de refroidissement | tous les 30,000 km |
| Bougies | tous les 20,000 km |
| Chaîne | Vérification tous les 1 000 km, graissage régulier, chaîne O-ring |
Coût moyen révision
Estimé 200-400 EUR selon concessionnaire
Garantie
2 ans / Illimité
La Shiver 900 est-elle fiable et chère à entretenir ?
La fiabilité de la Shiver 900 est considérée comme bonne, en nette progression par rapport aux premières Shiver 750 qui avaient connu quelques soucis de jeunesse. Le V-twin a fait ses preuves et le circuit de lubrification semi-carter sec révisé contribue à sa longévité.
Les intervalles de révision sont raisonnables : vidange tous les 10 000 km, réglage des soupapes à 20 000 km. Attention cependant : les jeux aux soupapes d’échappement ont tendance à se refermer, il est important de ne pas sauter cette étape sous peine de risquer un endommagement des soupapes. Le point est souligné par plusieurs propriétaires de longue durée.
Un point d’attention connu : le tendeur de chaîne de distribution peut produire des cliquetis sur certains exemplaires. Ce n’est pas un problème grave ni fréquent, mais mérite une vérification à l’achat d’occasion.
Le coût d’entretien courant est modéré : comptez 200 à 400 EUR pour une révision standard chez un concessionnaire Aprilia. Les pièces d’usure (plaquettes, pneus, chaîne/couronne) sont à des tarifs comparables aux japonais. Le principal surcoût potentiel vient du réseau : si tu n’as pas de concessionnaire Aprilia à proximité, les frais de déplacement ou les délais de pièces peuvent alourdir la facture.
Un rappel NHTSA a été émis en 2019 (19V-561) concernant le maître-cylindre de frein avant sur les modèles 2018. Vérifier que la campagne a été effectuée en cas d’achat d’occasion.
Les concurrentes directes
| Modèle | Prix neuf | Puissance | Poids |
|---|---|---|---|
| Aprilia Shiver 900 | 8 449 € | 95 ch (70 kW) @ 8 750 tr/min | 218 kg (tous pleins faits) / 207 kg à vide |
| Yamaha MT-092020 | 8 999 € | 115 ch | 193 kg (tous pleins faits) |
| Kawasaki Z9002020 | 8 999 € | 125 ch (bridable A2) | 210 kg (tous pleins faits) |
| Ducati Monster 8212020 | 11 490 € | 109 ch | 206 kg (tous pleins faits) |
| Suzuki GSX-S7502020 | 8 299 € | 114 ch | 213 kg (tous pleins faits) |
| Triumph Street Triple S 6602020 | 8 200 € | 95 ch (A2) | 166 kg (à sec) |
Coloris disponibles
Rappels constructeur
Maître-cylindre de frein avant : course inactive insuffisante pouvant entraîner un freinage parasite ou un arrêt inattendu. Concerne les Shiver 900 2018.
